PLURALISME DE LA RESISTANCE, DE L'ANACR ET DES "AMI(E)S"

Les "Ami(e)s de la Résistance", issus de toutes les couches de la population, passionnés par l'Histoire de la Résistance, s'inspirant dans leur vie de citoyens des valeurs humanistes, démocratiques, patriotiques et non nationalistes qui ont inspiré le combat des Résistants, s'attachent à approfondir la connaissance à la fois de la réalité de l'Occupation nazie et du régime de Vichy à son service et celle du combat de la Résistance pour libérer notre pays et y restaurer la démocratie, et à diffuser cette connaissance le plus largement possible, par des conférences-débats, des expositions, des projections de films, la publication de journaux et livres, etc.

Elles et ils luttent contre les tentatives de nier ou minimiser les crimes du fascisme et de la collaboration, contre les calomnies à l'égard des Résistants et des antifascistes, contre la résurgence des idées xénophobes et racistes.

Fondant leur action sur les valeurs de la Résistance contenues dans le Programme du C.N.R et sur les orientations pluralistes de l'A.N.A.C.R., à la vie de laquelle elles et ils ont apporté et apportent de plus en plus leur concours, les Ami(e)s de la Résistance s’étaient constitués le 27 avril 2003 en "Association Nationale des Ami(e)s de la Résistance (ANACR)", agissant aux côtés de l'ANACR et partageant ses objectifs.


Ainsi, des Groupes locaux et départementaux d'"Ami(e)s de la Résistance (ANACR)" - développant leur action en étroit partenariat avec les comités de l'ANACR - existeront dans plus des 2/3 des départements. Dans les autres, les "Ami(e)s de la Résistance (ANACR)" étaient organisés directement dans les Comités locaux de l'ANACR.


Rapidement, un processus de rapprochement des structures de l'ANACR et de l'Association Nationale des Ami(e)s de la Résistance (ANACR), lié aux nécessités nées hélas de la disparition de nombreux Résistants, se mit en marche et l’ANACR, à son congrès de Limoges, en octobre 2006, décida d’ouvrir ses rangs aux Ami(e)s de la Résistance, à égalité de droits et de devoirs.

Lors de la réunion du Conseil National de l'ANACR en novembre 2005, qui prépara son congrès de Limoges, fut abordée la question du pluralisme, une notion découlant directement de ce que fut la réalité de la Résistance et qui, plus que jamais est une valeur fondatrice, identitaire, consubstantielle de l’Association, de sa vie et de son action


PLURALISME DE LA RESISTANCE...
Lorsque l'on évoque le pluralisme de la Résistance, la première référence qui vient à l'esprit pour l'illustrer est la composition du Conseil National de la Résistance tel que le forma Jean Moulin lors de sa réunion constitutive du 27 mai 1943 à Paris, rue du Four. En effet, aux côtés des mouvements de Résistance tant de Zone Nord que de Zone Sud, dont la pluralité témoigne d'une grande diversité quant aux conditions de leur émergence, de l'automne 1940 à la fin 1941, le CNR va rassembler aussi, selon le voeu du général de Gaulle - soucieux du rassemblement de toute la Résistance - des partis politiques tant de gauche et centre gauche (Communiste, Socialiste et Radical) que de centre droit et de droite (Alliance démocratique, Fédération républicaine, Démocrates-chrétiens), de même que deux centrales syndicales (CGT et CFTC) aux profils fort différents.
Mais, le pluralisme de la Résistance fut sans doute d'abord celui des motivations qui amenèrent des Français à s'engager en son sein en nombre allant de plus en plus important tout au long de l'0ccupation : l'antifascisme du mouvement ouvrier qui avait conduit nombre des premiers résistants de France - français et immigrés - à lutter dès 1936-1939 en Espagne contre Hitler, Mussolini et leur allié Franco dans les faubourgs de Madrid, Bilbao ou Barcelone, le patriotisme amenant à refuser la défaite, la collaboration avec l'ennemi et la vassalisation de la France, l'humanisme chrétien ou laïc révolté par les mesures antisémites du régime de Pétain et les persécutions raciales nazies, l'idéal démocratique et républicain bafoué par "l'Etat Français"... Etant entendu qu'il ne s'agit pas là d'une énumération limitative et que, dans leur grande majorité, les Résistants partageaient plus d'une de ces motivations, en attachant peut-être, selon leur parcours personnel, plus d'importance à telle ou telle d'entre elles.
Par ailleurs, la composition du CNR en ses divers mouvements, partis et syndicats fondateurs, pour être un indicateur du pluralisme de la Résistance, ne l'est que de manière incomplète si l'on ne s'arrête qu'à la simple énumération. Car en effet, si en ce qui concerne les partis, leurs contours politiques et idéologiques peuvent être cernés de manière relativement précise, cela est déjà moins vrai évidemment pour les syndicats ; ainsi, réunifiée par les accords du Perreux, la CGT clandestine rassemble des hommes - tels Jouhaux et Frachon - aux options déjà fort différentes avant-Guerre et qui le seront à nouveau de manière très affirmée après, mais qui mènent ensemble le même combat de Résistance au-delà de leurs conceptions différentes de la société et même du syndicalisme.
Quant aux mouvements, il est particulièrement réducteur de les cantonner à un courant de pensée et de les cataloguer : ainsi, le Front National de Lutte pour la libération et l'indépendance de la France est souvent abusivement et de manière très simplificatrice présenté comme "communiste" : alors que, membres de son Comité directeur, des hommes tels François Mauriac, le Révérend-père Philippe ou le général Dassault peuvent être difficilement catalogués comme communistes ; pas plus que ne peut l'être Georges Bidault, représentant des Démocrates-Chrétiens au sein du CNR et par ailleurs membre du Front National. A l'inverse, Pierre Hervé, qui supplée Pascal Copeau à la représentation de Libération-Sud au sein du CNR est communiste, comme l'est alors Marcel Degliame qui succède au sein du CNR à Claude Bourdet comme représentant de Combat ; comme l'est aussi Jean Pronteau, dirigeant de l'OCM des Jeunes.
De la même manière, présenter les FTP comme "communistes" et l'A.S. comme "gaulliste" fait fi des réalités, notamment régionales : ainsi, cadre dirigeant de l'A.S. puis des Corps Francs de la Libération dans le Sud-Ouest, Jean-Pierre Vernant, futur Compagnon de la Libération, est alors communiste. Et c'est ignorer que nombre de résistants ont rejoint tel ou tel maquis, tel ou tel réseau ou mouvement
(1) non par affinité idéologique mais par proximité géographique ou au gré de l'appartenance de leur premier "contact" résistant.
De ce fait, il n'est pas étonnant qu'aucun des grands mouvements de la Résistance - Libération Nord et Sud, Combat, Franc-Tireur, Front National, OCM, CDLR, CDLL...- n'ait donné à la Libération naissance à un parti politique : la raison en est que tous ces mouvements et formations, au-delà de telle ou telle sensibilité représentée de manière plus ou moins importante en leur sein, avaient un caractère pluraliste. Or, la Libération venue, la période de la Résistance à l'Occupant et au régime de Vichy étant de ce fait pour l'essentiel achevée, les Résistants, selon leurs convictions, leurs choix de société, se sont alors tout naturellement répartis dans les divers courants incarnés par les Partis politiques d'alors : communiste, socialiste, radical, démocrates-chrétiens du MRP, etc.
(2)


(1) Moins connus que les mouvements et maquis, les réseaux - près de 300 homologués F.F.C. - ont aussi organisé des milliers et des milliers de résistants. Citons notamment les réseaux du Musée de l'Homme, Brutus, Résistance-fer, Alliance, NAP, CND-Castille, Cohors-Asturies, Ajax, Turma-Vengeance, Buckmaster, Mithridate, Goélette-frégate, Vélites-Thermopyles, Super-NAP...

(2) Le Mouvement Républicain Populaire (MRP), fondé fin novembre 1944, est pour une part héritier du Parti démocrate populaire et du christianisme social du "Sillon" d'avant-guerre. Son premier président est Maurice Schumann, porte-parole de la France Libre, ancien de la 2è DB et Compagnon de la Libération. Il compte parmi ses dirigeants Georges Bidault et André Colin, respectivement ancien président et membre du CNR.
De manière non pérenne exista une petite formation de centre gauche formée en juin 1945, l'UDSR, rassemblant à son origine des Résistants issus du MLN, de l'OCM, Libé-Nord...
Quant au Parti Républicain de la Liberté (P.R.L.), parti de droite créé en décembre 1945, il rassembla aux côtés de résistants - tel André Mutter, membre du CNR où il représenta C.D.L.L.- d'autres personnes qui l'étaient beaucoup moins...


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