Congrès de Brive-la-Gaillarde de l'ANACR (10-11-12 octobre 2014) - RÉSOLUTIONS

RESOLUTION GENERALE

Approuvant le rapport présenté par le Bureau National sortant appelant à "poursuivre le combat des Résistants contre le fascisme", les délégués au Congrès de l'ANACR réuni à Brive-la-Gaillarde du 10 au 12 octobre 2014 expriment leur inquiétude face à la montée de l'extrême-droite que concrétisent les récents scrutins tant en France que dans les autres pays européens, la menant aux portes du pouvoir voire même la conduisant à y participer.
Cette progression s'accompagne du développement préoccupant des manifestations - parfois violentes voire meurtrières - de racisme à l'égard des immigrés, à l'encontre desquels des mesures discriminatoires sont fréquemment prises, en faisant des boucs émissaires des maux que connaissent nos sociétés.
2013 a été l'année celle du 70ème anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance, 2014 celle des 70èmes anniversaires de la publication du Programme du CNR et de la Libération de la France, l'année 2015, sera celle du 70ème anniversaire de la Victoire sur le nazisme et le fascisme japonais.
Se félicitant que les célébrations des 70èmes anniversaires des Débarquements de Normandie et Provence et de l'Insurrection Nationale aient souligné le rôle de la Résistance dans la Libération de la France, ce qui est le résultat des luttes menées pour le respect de la réalité historique, les participants au Congrès de l'ANACR réunis à Brive-la-Gaillarde constatent cependant que, soixante-dix ans après ces évènements majeurs pour l'histoire de la France et du Monde, nous sommes fort loin des aspirations et des espérances des peuples, dont la lutte permit de terrasser "la bête immonde" dont parla Brecht.
Ces aspirations et ces espérances, c'étaient celle d'un monde en paix, celle d'une société humaniste, démocratique et solidaire, dans laquelle l'intérêt général primerait sur les intérêts particuliers, ce qu'exprima en France le Programme du Conseil National de la Résistance.
Or, le monde contemporain connait les guerres, notre pays s'est à plusieurs reprises trouvé et se trouve impliqué dans plusieurs d'entre elles, notre société connaît le racisme et la xénophobie, l'aggravation des discriminations et des exclusions ; la solidarité à dramatiquement reculé, les intérêts particuliers ont pris le pas sur l'intérêt général.
C'est dans ce contexte que l'on constate, s'appuyant sur une méconnaissance de l'Histoire par de larges couches de la population grandissantes à mesure que s'éloigne la période de la Guerre, de l'Occupation et de la Résistance, un regain des idéologies que l'on aurait plus croire définitivement vaincues en 1945, s'accompagnant d'une démarche de réhabilitation des régimes qui s'en inspirèrent, en France de celle du régime collaborateur de Vichy, accompagnée de calomnies à l'encontre de la Résistance. Pire, les idées racistes, autoritaires, antidémocratiques ont parfois diffusé dans des formes dangereuses au-delà de l'extrême-droite dans d'autres formations politiques, pire encore dans de larges couches de la population.
Cela montre s'il en était besoin la nécessité de transmettre en premier lieu aux jeunes générations la connaissance de ce qu'a été la réalité monstrueuse du fascisme lorsqu'il a été au pouvoir du début des années 1920 à 1945, de ce à quoi ont mené durant cette période les atteintes à la démocratie et les discriminations racistes, la misère sociale conduisant nombre de ceux qui en furent eux aussi victimes à prêter une écoute attentive aux démagogues.
Cela montre la nécessité d'être vigilants à l'égard du négationnisme falsificateur, et de toute tentative d'exonération du fascisme de ses crimes.
Cela montre surtout la nécessité de transmettre la mémoire des combats de celles et ceux qui s'opposèrent au fascisme, souvent dès avant-guerre, de celles et ceux que l'Histoire a appelé les Résistant(e)s, et qui contribuèrent puissamment à l'abattre, de transmettre les valeurs qui les motivèrent et qu'exprime le Programme du CNR, dont la mise en œuvre à la Libération des mesures qu'il préconisait permit des avancées démocratiques, économiques et sociales qui, malgré les remises en cause qui intervinrent très tôt, restent encore aujourd'hui dans de nombreux domaines des acquis à défendre. Le Programme du CNR que l'ANACR vient de rééditer et qu'il convient de largement diffuser.
Les participants au Congrès de l'ANACR réuni à Brive-la-Gaillarde du 10 au 12 octobre 2014 affirment leur volonté de poursuivre, aux côtés des Résistant(e)s présent(e)s parmi eux, le combat que ceux-ci n'ont cessé de mener depuis leur engagement dans la Résistance, le combat contre le fascisme, avec la volonté de rassembler - à l'exemple de la Résistance - toutes celles et ceux qui, au-delà de leurs opinions et engagements particuliers, entendent s'unir pour en écarter, en premier lieu dans notre pays, la menace.
Cette volonté de rassemblement a permis à l'ANACR de devenir la plus grande association d'anciennes Résistantes et anciens Résistants, la seule gardant une existence réelle et qui, grâce aux Ami(e)s de la Résistance, s'est donnée un avenir. Et l'avenir aura - comme le présent - besoin de l'ANACR.

ACTION JURIDIQUE ET RECONNAISSANCE
DES DROITS ET DES SERVICES

Réuni à Brive-la-Gaillarde les 10, 11 et 12 octobre 2014, le Congrès National de l'ANACR :

Renouvelle sa solidarité envers l'ensemble du " Monde Combattant " qui, pour la défense de ses valeurs et des intérêts matériels et moraux de ses ressortissants a un besoin impératif d'union.

Exprime son accord avec les résolutions adoptées par l'Assemblée générale de l'UFAC des 8 et 9 octobre 2014.

Condamne les tentatives de remise en cause des principes du droit à réparation, droit imprescriptible applicable à tous les anciens Combattants, dont les Combattants de la Résistance et à leurs ayants cause.

Condamne la remise en cause dans un rapport officiel du Sénat les " indemnisations servies aux orphelins de la déportation et victimes de spoliations nazies et aux victimes d'actes de barbarie durant la deuxième guerre mondiale ".

Invite les comités locaux et départementaux de l'ANACR à s'adresser à leurs parlementaires pour la défense du droit à réparation auquel l'ANACR demeure indéfectiblement attachée, comme elle reste attachée aux organismes chargés de l'appliquer, en premier lieu l'Office National des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre : l'ONAC et ses services départementaux.

Demande avec force que la Légion d'Honneur soit attribuée au plus tôt aux anciens Combattants de la Résistance avant leur totale disparition, Combattants de la Résistance qui ont combattu pour la Libération de la France, pour la liberté, pour le rétablissement de la démocratie et de la République.

 

 

 

 

 

 

 


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