Combats de la Résistance : le rôle de la Résistance dans la Libération

LES DEBARQUEMENTS ALLIES ET LA RESISTANCE (Suite)

La contre-attaque allemande a été paralysée. Dès le 12 juin, sont dans la tête de pont 326 000 soldats alliés et 54 000 véhicules; et il arrive chaque jour 30 000 hommes et 7000 véhicules. Il est trop tard pour Hitler. Il fera encore bien du mal, mais les Alliés sont en France et la Résistance a superbement mérité de la cause commune.

 
Avion allemand abattu dans le Vercors

La Résistance organisée, certes sans laquelle rien n'eût été possible, mais aussi le soulèvement populaire qui l'entoura et la porta; car sans lui, elle seule n'aurait rien pu. Telle fut, telle est la réalité historique. Puisse la France le comprendre de mieux en mieux. Nous aurons à montrer comment l'efficacité de la Résistance s'élargit après le succès du débarquement, comment l'Insurrection nationale permit que, dès les premiers jours de septembre, soit libérée la quasi-totalité du territoire français, que le gouvernement provisoire, organisme d'unanimité au même titre que le CNR, prenne ses fonctions à Paris sous la Présidence du Général De Gaulle et assume la souveraineté de la France. Mais comment ne pas évoquer par la mention d'un fait trop peu connu mais qui a valeur de symbole tragique, la terreur déclenchée et développée tant qu'ils le purent par les nazis et leurs séïdes. Le 6 juin au matin dans la prison de Caen, à l'annonce du débarquement, 80 résistants prisonniers furent fusillés par groupe de 8, chaque groupe creusant la fosse du précédent. Lorsque l'offensive alliée se dirigea vers Caen, les bourreaux exhumèrent leurs victimes dans l'espoir vain de supprimer les traces de leur barbarie et emmenèrent les corps, probablement vers une forêt proche de Rouen, où ils furent brûlés au lance-flammes...
 Maquisards prisonniers avant d'être suppliciés - Côte d'Or

Comment en revanche ne pas dire aussi ce qui l'est trop peu: ce même 6 juin 1944, les troupes françaises du Corps expéditionnaire en Italie , qui avaient forcé les défenses allemandes de Monte Cassino, défilaient, à Rome dans le Colisée: FFI, pieds-noirs, Nords-africains. Et comment ne pas s'incliner devant les vaillants qui, de tant d'origines diverses, soldats et résistants de tant de nations, étaient tombés en ces journées pour que les survivants et les nouvelles générations puissent vivre libres et en paix ?

II

L'INSURRECTION NATIONALE PRECIPITE LA LIBERATION


Le 50e anniversaire du débarquement de Normandie a donc été célébré avec l'éclat que méritait ce jour où la liberté, a dit François Mitterrand, "l'a emporté sur le seul , sur le véritable ennemi: le nazisme, ce qui y ressemble et ceux qui s'en inspirent".
Certes, les "marchands du Temple" n'ont évidemment pas renoncé à faire argent de tout, certes des "historiens" ont continué à fabuler ou à nager dans le médiocrité: le SIRPA (1) a publié une carte qui fit la joie de ceux qui apprenaient la géographie à l'école primaire, puisque Brest s'y trouve dans les Côtes-d'Armor, Cherbourg à la Pointe de la Hague, Caen au bord de la mer et Rouen à la place de Tancarville...Il se trouva aussi un journaliste connu pour évoquer la Libération de Paris sans parler des barricades ni des FFI, ni de Rol-Tanguy... Certes aussi, lors des cérémonies de Normandie, la population locale fut reléguée derrière les lointaines barrières alors qu'à l'époque elle se montrait sous les bombes aussi courageuse qu'enthousiaste, et qu'en ce jour de 1994 elle se massait devant les gares où arrivaient les vétérans de toutes nations pour leur adresser de longues ovations... Mais il reste que la mémoire collective - et pas seulement en notre pays - a été ravivée, enrichie sur ce grand événement qui, a encore dit le président, "commandera si longtemps, même sans qu'elle sache pourquoi, les façons d'être des générations à venir"

"Les résistants représentant la France au premier rang"
Les célébrations ont fortement confirmé ce que nous constatations déjà : le rôle de la Résistance dans le succès des opérations alliées a été comme jamais affirmé par les plus hautes autorités. L'historien Marc Ferro a fort bien écrit: " On a parlé du syndrome de Vichy. On peut dire qu'il y a eu un syndrome de la Résistance.On n'a jamais vraiment reconnu, en France, l'importance du rôle de la Résistance...(2). Aujourd'hui, on est moins injuste qu'on ne l'était dans les années 50". Autrement dit, la réalité historique s'impose. Les voix les plus autorisées l'ont exprimée comme jamais auparavant. Le président de la République a tenu à rappeler la part prise au succès final par l'ex-Union soviétique (dont le général d'Armée Catroux disait que sans elle "la victoire effective qui a été le fruit de l'effort commun de tous les Alliés n'aurait pas pu être acquise"). Il a salué les antinazis allemands (dont la présence en ce jour eût été logique), et c'est lui qui proclama que "LES RÉSISTANTS REPRÉSENTENT LA FRANCE AU PREMIER RANG."
La Reine Elizabeth II déclara: "c'est ici...que culminèrent tous ces mois de planification sur notre sol, de PRÉPARATION PAR LA Résistance FRANÇAISE, menée dans le plus grand secret, amorçant la Libération..."
Le président Bill Clinton, après avoir salué les Forces Françaises Libres, lança: "IL Y AVAIT LES COMBATTANTS DE LA Résistance FRANÇAISE QUI ONT MONTRÉ LE CHEMIN. N'OUBLIONS JAMAIS QUE CEUX QUI ONT VECU SOUS L'OPPRESSION NAZIE ONT RENDU POSSIBLE CETTE JOURNÉE".
Ainsi est-il rendu à la Résistance ce qui appartient à la Résistance et à la France. Des articles ou des livres ont également appuyé l'hommage, mais certains ont avancé des données qui nous laissent pantois. Comment peut-on écrire par exemple que dans tel département il y a avait 897 résistants et dans tel autre 1714 ? Préciser à l'unité près le total des effectifs de toutes les formations et de tous les mouvements d'un département, vu le secret, la mobilité imposée par le combat à "géométrie variable" de tous est une gageure.
Peut-être s'appuie-t-on sur les statistiques de services officiels ? Elles n'ont pu enregistrer que la reconnaissance sous-estimée, sabotée, des résistants. De même ergoter sur le pourcentage des résistants par rapport à la population relève d'une illusion. Sans une population devenue peu à peu mais sûrement, en couches profondes, complice des résistants, les renseignant, les cachant, soutenant leur action, et même simplement contribuant par son attitude d'ensemble à démoraliser l'ennemi, la Résistance n'aurait pu se développer ni agir comme elle le fit. Il est un nombre de source alliée, qui parle, lui: alors que l'on estime à environ 6000 le nombre des aviateurs alliés abattus au dessus du territoire français et qui purent user de leur parachute, le nombre de ceux qui furent dénoncés et livrés aux Allemands ou à la police de Pétain (ce qui revenait au même) fut de : 23. Voilà le vrai visage de la France, une proposition qui suffirait à discréditer la notion de "guerre civile", même si elle a la vie dure.


(1) Service d'information et de relations publiques des armées
(2) Ce qui explique à coup sûr les obstacles opposés aux résistants demandant la reconnaissance de leurs services


 

 

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