N°1120-1121 Janvier-février 2001
LE RACISME ANTI-TSIGANE
enfin étudié par l'O.N.U.

Nous avons souvent dit - et nous avons répété au congrès national de l'A.N.A.C.R. à Saint-Brieuc - que nous étions quasiment seuls à évoquer le triste sort de milliers de Tsiganes pendant la guerre. Les nazis voulaient leur extermination. Nous avons plusieurs fois cité les pages du livre de Jacques Delarue intitulé : "Trafics et crimes sous l'Occupation", dans lequel est minutieusement décrit le massacre d'un groupe de Tsiganes que la division Das Reich, en route du sud-ouest vers la Normandie via Oradour, trouva malencontreusement sur son chemin. Et quiconque visite l'ancien camp de Struthof a la possibilité de se faire une idée de la volonté génocidaire des nazis à l'égard de ceux qu'à l'O.N.U. on appelle tous, indifféremment, les Roms.
Cependant, un fait nouveau vient d'intervenir à l'O.N.U. Pour la première fois depuis sa création en 1946, cette institution vient de consacrer, en sa Commission des Droits de l'Homme, deux journées à l'étude du sort de ceux que pour notre part nous continuons à appeler indifféremment les Tsiganes. Un document de travail avait été préparé par plusieurs juristes. Le Français Louis Joinet déclara d'entrée qu'il s'agissait là de "l'un des sujets les plus délicats que la sous-commission ait eu à aborder au cours de ces 20 dernières années".
Pourquoi ? Et pourquoi avoir laissé passer les 30 premières années ? L'auteur du premier document de travail, un juriste mauricien, Jeung Sik Yuen, rappela que jamais l'O.N.U. n'avait cherché "à comprendre la situation de la minorité ethnique Rom en Europe ; aucune étude approfondie n'avait été réalisée sur la discrimination qu'elle endurait ni sur les moyens d'améliorer son sort."
La phrase est intéressante car, rappelant le sort de cette minorité pendant la guerre, elle s'ouvre sur l'évocation de son sort actuel.
Il est évident que le rapporteur évoque les agressions racistes perpétrées par des skinheads puisque ceux-ci ont tout hérité des nazis. Mais s'ajoutent d'autres constatations, notamment que, depuis la chute des régimes politiques qui prévalaient en Europe de l'Est, le chômage réduit le nombre des emplois disponibles et les Roms, à la recherche, en raison de leur absence de formation, d'emplois qui n'exigent pas de compétence particulière, sont considérés comme des concurrents par d'autres chômeurs et subissent brimades et agressions. Actuellement en ces régions, il est fréquent qu'ils ne puissent même pas avoir accès à des institutions publiques comme des stades, des piscines, des restaurants.Ont même été cités des cas où les enfants sont dirigés vers des écoles pour handicapés mentaux, ce qui explique le taux d'analphabétisme qu'on leur reproche!
Le seul voeu qui puisse être exprimé est que ces deux jours de travail aient une suite et que des mesures pratiques viennent améliorer le sort des Roms qui ont survécu au nazisme et de ceux qui sont nés depuis.
 

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