N°1115-1116 Août-Septembre 2000
L'AFFAIRE DU MASSILIA
Le 60e anniversaire de la débâcle de juin 1940 a été évoqué çà et là dans divers organes d'information. Il a été possible de constater combien certains journalistes "spécialisés" vivent de connaissances approximatives ou expriment sur les événements, quelque fois à peine cités, des jugements qui trahissent leurs options profondes.
Le Journal des Combattants fait de cette affaire l'odyssée d'un groupe de "fuyards". Il écrit que le Garde des Sceaux Alibert " réussit l'exploit de dissuader A. Lebrun et même Pétain de partir". Il n'est pourtant que de consulter les archives, notamment celles du procès Pétain pour constater l'unanimité des témoignages : le 19 juin, le Président de la République "pousse fort" pour le passage du gouvernement en Afrique du Nord mais Pétain a déclaré à diverses reprises : "Quoi qu'il arrive, je ne partirai pas".
Le Président propose de déléguer à un vice-président du Conseil, les pouvoirs du chef du gouvernement. Ce vice-président (il était question de Camille Chautemps) aurait gagné l'Afrique du Nord avec les autres membres du gouvernement et le Président de la République. Il s'agissait de préserver la souveraineté nationale, ménageant la possibilité de continuer à s'opposer aux entreprises ennemies. La flotte intacte, rejoignant les formations armées françaises stationnées sur une territoire alors sous autorité française eût dès juin 1940, assuré la maîtrise anglo-française sur la plus grande partie de la Méditerranée. Pétain et Weygand refusèrent obstinément. Le Général Schmidt père est l'auteur de l'étude la plus fouillée sur le sujet, André Truchet ayant depuis longtemps réfuté toute l'argumentation des deux personnages qui pourtant semblent avoir un moment faibli.

 

 

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